Matchs truqués: l'Italie n'ira pas à l'Euro-2012 si on le lui demandait (Prandelli)

L'Italie n'ira pas à l'Euro-2012 si on le lui demandait dans l'intérêt du football, a affirmé vendredi le sélectionneur de la "Squadra Azzura", Cesare Prandelli, au lendemain de l'ouverture à Rome du procès relatif au scandale des matchs truqués dit "Calcioscommesse".
"Si l'on nous dit que, pour le bien du football, l'équipe nationale ne doit pas aller à l'Euro, ce ne sera pas un problème", a dit Prandelli à la chaine de télévision publique "Rai", à quelques jours du début du tournoi qui sera organisé, du 8 juin au 1er juillet, en Ukraine et en Pologne.
"Il y a des choses plus importantes", a souligné le technicien alors que rien, ni de la part de l'UEFA, ni de celle de la fédération italienne, ne laisse entrevoir l'hypothèse d'une telle demande.
La justice sportive italienne aura à statuer dans les prochains jours sur le cas de 22 clubs et 61 joueurs ou ex-joueurs soupçonnés d'être impliqués dans ce scandale qui secoue le monde du football en Italie depuis l'été dernier.
En début de cette semaine, cette affaire avait connu encore un nouveau rebondissement avec l'arrestation de 19 personnes, dont dix joueurs notamment de Série A, parmi eux le capitaine de la Lazio Rome, Stefano Mauri.
Les intéressés ont été arrêtés pour "association de malfaiteurs à des fins de tricherie et de fraude sportive" dans le cadre de l'enquête du parquet de Crémone (nord) sur des matches arrangés par les officines de paris.
Selon le procureur de Crémone en charge de l'enquête, Roberto Di Martino, les matches truqués pouvaient rapporter jusqu'Ã 2 millions d'euros pour une seule rencontre.
Au moment où ces arrestations étaient opérées, l'international italien Domenico Criscito (19 sélections) avait été soumis à interrogatoire, en tant que témoin assisté, sur le lieu même où la "squadra azzurra" prépare l'Euro-2012 à Florence (nord).
Par la suite, le nom de Criscito a du être rayé de la liste des 23 joueurs retenus pour l'Euro-2012, officiellement afin qu'il puisse se consacrer à la "clarification de sa situation" judiciaire.
Le domicile de l'entraîneur de la Juventus Turin, Antonio Conte, avait aussi fait l'objet de perquisition dans le cadre de la même enquête. Les faits le concernant remontent à la saison dernière lorsqu'il entraînait Sienne en deuxième division (Série B).
Les dernières arrestations sont les troisièmes à être opérées après celles de novembre 2011 et d'avril 2012.
L'enquête, qui concerne des paris clandestins et des matches truqués en Série A et B et en Lega Pro (3e div), avait mis en lumière un réseau qui prendrait ses racines notamment à Singapour.
Le journal "La Gazzetta dello sport", qui s'était procuré le dossier de l'instruction de 611 pages, avait cité, en juin dernier, trois groupes mafieux qui auraient manipulé des matchs, le "groupe de Bologne", le plus actif, ainsi que les "Gitans" et les "Albanais".
Cinq Hongrois soupçonnés d'être à la tête d'une de ces organisations mafieuses de paris figurent parmi les 19 personnes arrêtées lundi.
L'affaire "Calcioscommesse" a surgi après le scandale du "calciopoli" qui avait éclaté il y a près de cinq ans suite à des révélations sur le choix par certains clubs d'arbitres "bienveillants". Ce scandale avait provoqué le retrait de deux titres à la Juventus ainsi que sa relégation en deuxième division, et des retraits de points à l'AC Milan, la Lazio, la Fiorentina et la Reggina.
Auparavant, le "Totonero" (loto noir) avait coûté en 1980 trois ans de suspension à l'attaquant mythique de la Juve, Paolo Rossi, qui avait été par la suite blanchi pour le Mondial-1982, que l'Italie avait remporté.










