De Montevideo-1930 à Doha-2022.. histoire d'un Mondial riche en événements (4ème partie)

La dix-neuvième édition de la Coupe du monde de football s’est déroulée du 11 juin au 11 juillet 2010 en Afrique du Sud. Il s’agit de la première phase finale de Coupe du monde se disputant sur le sol africain.
- 2010 : PREMIÈRE ORGANISATION AFRICAINE ET PREMIER SACRE ESPAGNOL.
Cette Coupe du monde a été le théâtre de nombreuses premières, notamment l’élimination des deux finalistes de l’édition précédente, l’Italie et la France, dès le premier tour. De plus, l’Afrique du Sud est devenue le premier pays organisateur de la Coupe du monde à ne pas réussir à se qualifier à l’issue des phases de poules. C’est également la première fois qu’un pays européen gagne en dehors de son continent. En outre, le vainqueur est inédit, puisque l’Espagne n’avait jamais remporté de Coupe du monde jusqu’à cette édition, s'étant au mieux classée une fois quatrième, en 1950.
La finale en elle-même est aussi une rencontre inédite, puisque l’Espagne et les Pays-Bas ne s’étaient jamais rencontrés en Coupe du monde. Les Pays-Bas établissent alors un nouveau record de finales perdues pour un pays non titré tandis que l’Espagne instaure un nouveau record du plus petit nombre de buts marqués par un vainqueur, huit buts, dont cinq par le seul David Villa. Enfin, c’est également la première fois qu'une équipe gagne une Coupe du monde après avoir perdu son premier match. Une équipe a toutefois été invaincue durant cette phase finale puisque la Nouvelle-Zélande, malgré son élimination en phase de poules, a totalisé trois matches nuls.
- 2014 : LE GRAND CAUCHEMARD DES BRÉSILIENS DEVANT LEUR PUBLIC "LE CHOC DU MINEIRÃO".
Toutes les équipes championnes du monde depuis 1930 (Uruguay, Italie, Allemagne, Angleterre, Argentine, France et Espagne) se sont qualifiées pour cette compétition. Elle est aussi la première compétition internationale à laquelle participe la Bosnie-Herzégovine. Le tirage au sort des huit groupes de quatre équipes du premier tour est effectué le 6 décembre 2013 à Costa do Sauípe.
Le Brésil ouvre la compétition par une victoire 3-1 face à la Croatie le 12 juin 2014 à l'Arena Corinthians de São Paulo. S'ensuit une victoire écrasante des Néerlandais face aux Espagnols tenants du titre (5-1), sortis dès la phase de poules, la défaite du Portugal (également éliminé au premier tour) face à l'Allemagne (0-4), et la victoire de la France sur les Suisses (5-2). Le premier tour est en outre marqué par les éliminations de l'Angleterre, puis de l'Italie, quadruple championne du monde. 136 buts sont marqués lors de cette première phase du tournoi, pour une moyenne de 2,83 buts par match ce qui constitue le record pour une Coupe du monde à 32 équipes.
Le match Brésil-Allemagne prend place le 8 juillet 2014 à l'Estádio Mineirão de Belo Horizonte, au Brésil. Il s'agit de la première demi-finale de la Coupe du monde 2014. Les deux équipes arrivent invaincues à ce stade de la compétition, les Brésiliens se voyant cependant privés de leur attaquant vedette Neymar sur blessure, et de leur capitaine Thiago Silva par accumulation de cartons jaunes à la suite de leur quart de finale contre la Colombie.
Malgré ces absences, les prévisions annoncent un match plutôt serré du fait de la confrontation entre deux équipes majeures de la compétition, comptant à elles deux huit titres mondiaux et s'étant déjà rencontrées lors de la finale de la Coupe du monde 2002, alors remportée 2-0 par les Brésiliens pour décrocher leur cinquième titre mondial. La rencontre se termine par la très large défaite du Brésil ; les Allemands menant 5-0 au bout de la première mi-temps, avec quatre buts inscrits en six minutes, puis 7-0 par la suite durant la deuxième période. Le Brésil parvient finalement à inscrire un but dans les dernières minutes du match qui se conclut sur le score de 7 buts à 1. L'Allemand Toni Kroos est nommé homme du match.
Plusieurs records sont établis durant cette rencontre. La victoire de l'Allemagne constitue en effet la victoire la plus large jamais enregistrée lors d'une demi-finale de Coupe du monde. le match voit dans le même temps les Allemands dépasser le Brésil au nombre de buts marqués dans la compétition et devenir la première équipe à en atteindre la finale à huit reprises. Miroslav Klose inscrit à cette occasion son seizième but en phase finale de Coupe du monde, dépassant le Brésilien Ronaldo en tant que meilleur buteur de l'histoire de la compétition. La défaite brésilienne marque la fin d'une série de 62 matchs invaincus à domicile remontant à une défaite face au Pérou, lors de la Copa América 1975 et constitue la plus large défaite de la Seleção, égalant le 6-0 subi face à l'Uruguay lors du championnat sud-américain de 1920.
La défaite du Brésil est vécue comme une humiliation nationale, les médias lui donnant le surnom de Mineiraço ("le choc du Mineirão") en référence au Maracanaço ("le choc du Maracanã"), nom donné à la défaite du Brésil à domicile face à l'Uruguay lors de la Coupe du monde 1950. Le Brésil perd par la suite le match pour la troisième place face aux Pays-Bas tandis que l'Allemagne remporte la compétition pour la quatrième fois en venant à bout de l'Argentine en finale.
-2018 : LA FRANCE RENOUE AVEC LE SACRE EN RUSSIE, HÉCATOMBE PARMI LES GROS CALIBRES.
En Russie, la France a décroché le deuxième titre mondial de son histoire, le premier à l’étranger, vingt ans après son premier sacre en 1998. Les Bleus s’imposent avec la manière (4-2) devant la Croatie, au terme de l’une des finales les plus haletantes de tous les temps. Kylian Mbappé, 19 ans, devient le deuxième joueur de moins de 20 ans à marquer en finale de l’épreuve suprême, après Pelé (17 ans en 1958). Ce fut une finale inédite entre la France, qui a atteint ce stade de la compétition pour la 3e fois de son histoire après 1998 et 2006, et la Croatie, déjà demi-finaliste vingt ans plus tôt, et qui a accédé pour la première fois à la finale, devenant ainsi historiquement le treizième pays finaliste de la Coupe du monde.
Quant à la «petite finale» pour la troisième place, elle est remportée par la Belgique, qui a battu l'Angleterre 2-0. Les Diables Rouges montent sur le podium pour la première fois de leur histoire. Cette édition a connu une véritable « hécatombe » des gros calibres du football mondial qui ont brillé, cette fois-ci, soit par leur absence, soit par leur échec à atteindre le dernier carré.
Ainsi, contre une première participation à une phase finale de l'Islande et du Panama, cette édition a connu l'absence des Pays-Bas (finalistes en 1974, 1978 et 2010 et troisièmes en 2014), ainsi que de l'Italie, l'un des pays les plus titrés avec quatre trophées (1934, 1938, 1982 et 2006), qui n'avait manqué aucune édition du Mondial depuis 1958. Le premier tour de la compétition est marqué par l'élimination de l'Allemagne qui restait sur quatre présences consécutives en demi-finales du Mondial et avait toujours atteint au moins les quarts de finale depuis 1954.
La formation quadruple championne du monde et tenante du titre termine dernière de sa poule sur une défaite face à la Corée du Sud et suit le même chemin que la France en 2002, l'Italie en 2010 et l'Espagne en 2014, elles aussi championnes du monde en titre et éliminées prématurément quatre ans plus tard. Le stade des huitièmes de finale a été ponctué par les éliminations de l'Espagne (aux tirs au but face à la Russie) et de l'Argentine (sortie 4-3 par la France). Les quarts de finale voient les deux dernières équipes sud-américaines, l'Uruguay et le Brésil, tomber respectivement face à la France (2-0) et la Belgique (2-1).
Finalement, la compétition débouche sur un dernier carré 100 % européen pour la cinquième fois dans l'histoire de la compétition après 1934, 1966, 1982 et 2006 et par conséquent par une quatrième victoire européenne de rang depuis 2006.
Pour la première fois dans l'histoire, ni le Brésil, ni l'Allemagne, ni l'Italie, ni l'Argentine (qui cumulent à eux seuls quinze titres sur vingt-et-un), ne sont présents en demi-finales. Il faut notamment remonter à la toute première édition, en 1930, pour constater l'absence combinée du Brésil et de l'Allemagne dans le dernier carré.
Par ailleurs, aucune équipe africaine ne réussit à s'extraire du premier tour, pour la première fois depuis 1982. Cette édition fut également riche en buts: le seul nul vierge du Mondial Russie-2018 intervient après 36 matches, ce qui constitue un record.